Class AC Gallery

Bilan technique et sportif à chaud

Pas de playoffs mais du positif

Avec deux superbes victoires en cinq courses, respectivement face aux Suédois d’Artemis Racing, puis le lendemain face aux Anglais de Land Rover BAR, Groupama Team France peut se targuer d’avoir terminé le premier Round Robin de cette Coupe de l’America en tête des challengers européens, en ayant marqué les esprits.

Plus qu’un symbole, cela démontre à la fois le caractère, le travail accompli et le potentiel de l’équipe étant arrivée tardivement sur cette 35e édition. Et si malheureusement dans le second Round Robin où chaque défi se rencontrait à nouveau, les Français ont été souvent un peu trop prudents au départ, ou quand ils faisaient preuve d’agressivité, ont écopé de pénalités (trois ce jour lors de l’ultime régate contre les Suédois), ils ont aussi manqué de réussite, à l’image de ce match au couteau face aux Britanniques, qui lors du dernier virement et grâce à une ultime risée, sont parvenus à repasser devant à quelques centaines de mètres de l’arrivée.

Pour autant, c’est fière et soudée que l’équipe quitte la compétition, en témoigne les messages sur son aile ce samedi : « Merci Bermuda » et « Groupama Team Franck ».

Bilan technique et sportif à chaud.

Un catamaran très bien né

Les Class AC de cette 35e édition ont beau avoir des plateformes monotypes, des mensurations identiques et la même surface de voilure, le règlement autorisant une grande liberté sur les formes des appendices (les foils) ainsi que sur les systèmes permettant de les actionner, la Coupe de l’America se joue aussi sur la performance intrinsèque, ce qui reste l’une des caractéristiques du plus vieux trophée sportif du monde.

Depuis 1851, la Coupe de l’America est un défi technologique, et cette année plus particulièrement avec l’arrivée de ces bateaux très proches de l’aéronautique et de la Formule 1.

Groupama Team France conçu à partir d’une feuille blanche autour du Franco-Allemand Martin Fischer, du Brésilien Horacio Carabelli ainsi que de nombreux ingénieurs et techniciens ayant tous déjà collaboré ou presque avec Franck Cammas, a surpris tous les observateurs par sa vélocité, et sa fulgurante progression au fil des régates. Le catamaran achevé fin décembre 2016 a été immédiatement expédié par cargo avant d’être assemblé aux Bermudes, et n’a eu que très peu de temps de mise au point. Tout le mérite en revient donc à ses concepteurs, mais aussi à l’équipe technique qui a enchaîné les « trois-huit » quatre mois durant pour optimiser la machine. La paire de foils (des foils « all purpose » tout temps et des foils pour les petits airs) conçue par cette même équipe à l’issue d’une campagne trois fois plus courte que ses adversaires directs, a mis en valeur le savoir-faire et le flair de l’équipe de France, l’objectif étant d’avoir des appendices performants, donc fins et de fait instables.

Un équipage resserré

Groupama Team France a disputé toute la campagne avec seulement neuf navigants, dont six se sont relayés à bord (les winchers), le seul « étranger » le Néo-zélandais Adam Minoprio étant la doublure de Franck Cammas et/ou Thierry Fouchier en cas de blessure. Coaché par Bertrand Pacé et ses sept campagnes de Coupe de l’America, Franck Cammas (barreur) Thierry Fouchier (régleur d’aile) Thomas Le Breton (tacticien) et Olivier Herledant, Devan Le Bihan, Matthieu Vandame, Nicolas Heintz, et Arnaud Jarlegan (winchers) n’ont cessé de progresser, enchaînant les manœuvres (virements et empannages) en vol avec de plus en plus de fluidité. Contrairement à d’autres équipes ayant fait appel à des sportifs de haut niveau issus du cyclisme ou de l’aviron en renfort des marins, Groupama Team France a fait le choix d’un équipage resserré uniquement composé de régatiers possédant une grande expérience de la haute compétition, d’imposants palmarès, une grande complicité, mais aussi un gabarit de rugbyman, le poids total de l’équipage devant approcher les 525 kilos, soit en moyenne 87,5 kilos par personne. Mais on a vu lors des journées où deux régates se succédaient avec juste trente minutes de battement que l’effort nécessaire afin de fournir l’énergie hydraulique était intense et que la puissance physique pouvait être un facteur limitant.

Des bateaux à l’aise en match racing

Nombreux sont ceux qui prétendaient qu’avec ces Class AC, le match racing allait perdre de son sel. Bien au contraire, ces « machines à fabriquer du vent » qui accélèrent et décélèrent avec fulgurance, atteignent trois fois la vitesse du vent au près et quatre fois au portant, volent par 6 nœuds de vent et ont prouvé leur évolutivité, virant notamment sur place lors des phases de départ. Contrairement à James Spithill, Nathan Outteridge, Dean Barker ou encore Ben Ainslie ayant tous l’expérience d’une ou plusieurs Coupe de l’America, Franck Cammas issu de la course au large, a forcément souffert de son manque d’expérience sur les phases de départ (c’est sa 1re participation à la Coupe de l’America).

Une météo plutôt aléatoire

Déjouant les statistiques habituelles aux Bermudes à cette période de l’année, lors de ces Round Robin, il n’y a jamais eu de vent fort au-dessus de 17 nœuds, mais un régime de brise médium (entre 10 et 15 nœuds) et une journée entre 6 et 7 nœuds. Ne pas se tromper dans la prévision météo du jour afin d’opter pour le bon choix de foils est primordial. Groupama Team France qui s’était beaucoup entraîné dans de la brise plus soutenue, a souvent démontré sa polyvalence dans le vent médium, même si dans le tout petit temps, certains bateaux (les Américains, les Néo-zélandais et les Japonais ; ndlr) volaient un peu plus tôt. Enfin, le tacticien Thomas Le Breton a été très inspiré dans le vent, apportant en outre son calme olympien.

La course contre le temps !

Il ne faut pas s’en cacher, c’est l’ingrédient qui a cruellement le plus manqué à Groupama Team France. Avec quelques mois de plus au vu ce qu’a montré l’équipe aux Bermudes, l’issue aurait été sans nul doute tout autre. Franck Cammas sait non seulement manager et s’entourer des meilleurs, mais a cette capacité de tirer un groupe vers le haut et l’excellence et ce sans concessions. De plus, ce bourreau de travail est un développeur hors-pair, qui l’a notamment prouvé en remportant en 2013 la prestigieuse Volvo Ocean Race (course autour du monde en équipage) dès sa première participation. Mais le tour du monde dure neuf mois quand les Louis Vuitton Cup Qualifiers dix jours ! D’où l’absolue nécessité pour la prochaine édition de partir plus tôt. Une chose est sûre, les Français savent plus que jamais que la Coupe de l’America est à leur portée.

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